FORMATION EN INITIATION ET PERFECTIONNEMENT DE COUTURE

L’Initiative de Mode Ethique, en partenariat avec ‘’Vetb Prod‘’ de Emile Missiri NIKIEMA et ‘’GX226’’ de Georges De Baziri, a organisé une formation en couture au bénéfice de jeunes qui s’est déroulée du 25 janvier au 26 février 2021 à Ouagadougou. 

Cette formation s’inscrit dans le cadre des objectifs du projet EFI (Ethical Fashion Initiative) « création d’emplois équitables et développement durable de microentreprises à travers la gestion responsable et éthique de chaînes de valeur spécifiques liées aux secteurs de la Mode, du « lifestyle » et de l’aménagement d’intérieur au Burkina Faso et au Mali », plus communément appelé « Projet Mode Ethique ».   

Pour rappel, le projet de Mode Ethique intervient au Burkina Faso et au Mali sur toute la chaine de valeur du coton en apportant un appui technique, matériel et commercial aux artisans. Financé par le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique de l’Union Européenne et mis en œuvre par le Centre du Commerce International (ITC)il a pour but de contribuer à la création et la stabilisation de 4,650 emplois justement rémunérés et durables à l’horizon 2021.

Le projet travaille en collaboration avec CABES-GIE « Commerce et Artisanat pour le Bien Etre Social » qui est une entreprise sociale créée grâce à son soutien. CABES a pour but de promouvoir le travail des artisans du Burkina Faso intervenant sur toute la chaine de valeur de la transformation du coton allant de la filature aux produits finis.    

C’est dans ce cadre que cette formation a été initiée par le projet EFI au profit de neuf (9) apprenants avec la participation de quatre (4) personnes du UNHCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés), un (1) de CABES, un (1) de AfricaTiss, 1 de AGG (Atelier la Grâce du Gulmu), un (1) de Lilas Confection, et un (1) de APEPF (Association pour la Protection de l’Enfance et la Promotion de la femme).

Cette formation consistait à des séances d’initiation et de perfectionnement en couture. Pendant un mois, les bénéficiaires ont appris à coudre des jupes, pantalons poche passepoilée, poche à soufflé, poche dans la couture, poche penchée, poche plaquée, fente de jupe, montage de braguette, montage de chemise, cols, patte de poignet…) 

Cette formation a pu avoir lieu grâce à la collaboration avec Vetb Prod (Vêtement Burkinabé de Production) qui est une entreprise de production de prêt à porter créée par Emile depuis 2018. « C’est une semi usine », dit-il. Au départ, « Je voulais monter une usine de fabrication de vêtements et tout ce qui est production industrielle aux normes internationales qui emploierait de 50 personnes au départ à 150 personnes en fonction de l’évolution ; mais vu la situation économique et financière, c’était risqué ».

L’entreprise est composée de 5 employés et 5 extras en cas de besoin. Dans les années 1970, « j’étais tenté par la couture grâce à Chris Seydou, un styliste Malien qui a séjourné à Ouaga à cette période avant sa renommée internationale », confie Emile.  Il a appris à coudre avec un maitre tailleur, nommé Nikiema Joseph, à Ouagadougou avant d’avoir une prise en charge totale d’une famille française à Paris pour toute sa formation dans une école de styliste modéliste. Après il a travaillé dans plusieurs entreprises et ensuite comme chef de production près de 20 ans pour une entreprise multi carte où il faisait de fréquents séjours pour le suivi de productions importantes dans des usines à Fès et à Tanger au Maroc et en Bulgarie. 

Il est rentré au Burkina en 2018 pour créer son entreprise et aider à la formation des jeunes et les adultes tailleurs à se perfectionner.

Emile travaille avec plusieurs types de tissus dont le faso danfani. Ce qu’il redoutait avec le faso danfani, c’est l’épaisseur du tissu et la largeur des métiers à tisser qui ne permettaient pas de développer l’industrie du prêt à porter. Mais il constate que cela s’améliore et qu’il y a du fil plus fin surtout avec CABES. Il voudrait contribuer à rehausser la qualité de la couture au Burkina-Faso et dans la sous-région.

GX 226 (George et Xavier, des frères et 226 comme l’indicatif téléphonique du Burkina) a été créé par Georges De Baziri en 2009. C’est une entreprise de couture mixte employant 10 personnes.

Au début de sa carrière, il a commencé avec le machine à coudre ‘’singer tête noire’’ à pédale, de 1976 à 1980 en Côte d’Ivoire. Et en 1980 il a ouvert son atelier à Koumassi jusqu’en 1987 et ensuite il est parti s’installer en France. Il est définitivement rentré en 2019.

« La couture c’est ma passion ; j’aime m’habiller ; mon père fut tailleur et mon idole c’est Christ Seydou », dit-il. « Il m’a inspiré pour le faso danfani et j’ai créé en 2011, l’ACBF (Association des Créateurs Burkinabés en France), pour valoriser le faso danfani en Europe. » Depuis 2015, avec une dizaine de stylistes, chaque premier samedi du mois de juin, c’est ‘’la nuit du danfani à Paris’’. Des couturiers africains étaient invités à présenter leurs œuvres. Des ministres, ambassades et consulats participaient et soutenaient de diverses manières. Les partenaires officiels étaient FILSAH (Filature du Sahel), LONAB (Loterie Nationale Burkinabè), et des agences immobilières. Mais la situation de la covid a beaucoup impacté négativement nos activités et il est difficile de l’organiser actuellement.

L’objectif de cette formation en couture est de pouvoir ouvrir un centre de formation en couture pour former les jeunes et pour recevoir de grosses commandes. Le but est de réussir à mettre en place une équipe dynamique et performante travaillant de manière responsable dans le respect des standards internationaux pour pouvoir être à la hauteur des commandes clients.

Le projet « 7000 totes bag », pour sensibiliser les ménages, la population burkinabé sur les dangers du sachet plastique, est en court de mise en œuvre par le projet EFI.  Ce projet est lié à cette formation en couture. Un autre cadre d’action pour réduire l’emprunte carbone et inciter à l’utilisation des tote bag pour la réduction des déchets plastiques.