TRANSMETTRE UN SAVOIR FAIRE ANCESTRAL AUX ENFANTS, UN ATELIER BOGOLAN

La semaine dernière, durant 3 jours, s’est tenu à CABES un atelier bogolan pour les enfants. Chaque jour pendant 3h, avec une pause goûter, les enfants se sont attelés à réaliser leur propre œuvres.

Le projet Initiative Mode Ethique à travers son partenaire de mise en œuvre, CABES, est dans une optique de transmission et de pérennisation des savoirs ancestraux aux générations futures. Cette entreprise, Commerce et Artisanat pour le Bien Etre Social est un cadre idéal pour cet objectif.

Porter du Faso Dan Fani ou du bogolan, c’est valoriser le patrimoine culturel. Apprendre à le reproduire, c’est le pérenniser.

« Je m’appelle Yvana, j’ai 10 ans. Voici le village que j’ai dessiné, voici la lune et les étoiles, voici les arbres et la terre. J’ai trouvé l’atelier intéressant »

Le bogolan est un textile ancestral malien teint suivant une technique utilisée également au Burkina Faso, en Guinée, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. A l’origine, c’était le « basilan », une plante qui servait à teindre les étoffes des rois et des féticheurs. La légende raconte qu’un jour, un chasseur se promenant habillé de basilan est tombé dans une mare. Et quand il en est ressorti, il a remarqué que ses habits étaient devenus noirs ; la boue l’avait teint. C’est depuis lors que l’étoffe fut rebaptisé « bogolan » qui veut dire issu de la terre et la technique fut davantage développée.

Tout au long des 3 jours, 12 enfants ont pu apprendre les bases de la confection du bogolan par le maître en la matière, Abdoulaye GONDE. Ce dernier a appris cet art avec son grand père. En 2012, Il a créé une association du nom de « Baobab Ramsa» pour la promotion de la culture qui est aussi membre de CABES. Avec lui, les stagiaires ont découvert le « siiga », une plante dont le jus fixe la couleur. Il faut tremper l’étoffe dans la décoction au moins 3 fois pour avoir une couleur de base qui est jaune. Puis il faut réaliser les dessins sur sa surface bien tendue avec de la boue macérée dans du jus de ce même végétal pour une durée d’au moins un mois ou avec un mélange de cendre et d’écorces de raisinier bouillie.

« Voici mon dessin qui parle de girafes ; trois girafes qui partent à un anniversaire. Comme je pensais aux girafes, j’ai pensé qu’un anniversaire de girafe c’était bien ! Ils pourront jouer ensemble. » Nous dit Ayline, 7 ans. Elle a beaucoup aimé l’atelier.

Les enfants ont appris la technique du pinceau pour les dessins. Chacun a pu réaliser des figures selon son inspiration. Mais avant, le procédé du pochoir leur a été enseigné. Ce sont des images prédécoupés dans du plastique récupéré et qui servent de cadre où l’on peint avec la boue préparée. Les petits apprentis ont pu laisser aller leurs envies.

En ce qui concerne les couleurs, les autres plantes utilisées au Mali sont le n’galama présentant un jaune à différents degrés d’intensité, le « wolo », du jaune très clair, le « beku » et l’écorce du raisinier du rougeâtre; Afin de pouvoir en extraire les jus, il faut soit les bouillir ou les tremper pendant un moment. Chaque région du Mali a ses plantes appropriées à la teinture.

En sommes, les jeunes talentueux participants ont adoré cette partie d’artisanat et souhaitent en apprendre davantage. Et CABES n’en est pas à son dernier atelier.  Une expérience à renouveler.

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